Livre blanc
Etablissements de santé

Les patients hors radar : l'angle mort de vos parcours de soins

73 % des Français ont déjà renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années¹.

Un chiffre qui résume à lui seul un enjeu que les établissements de santé ne peuvent plus ignorer : une partie de leurs patients n'accède jamais aux soins, ou trop tardivement, alors même que l'offre existe sur le papier.

Délais de rendez-vous, distance, désertification médicale : ces freins touchent en priorité les publics les plus fragiles, qui renoncent aux soins et à la prévention en premier. Nous avons consacré un livre blanc entier à ce sujet. Cet article traite d'un enjeu peu visible mais déterminant pour votre établissement : les patients qui échappent à votre parcours de soins, faute d'un accès possible en temps voulu.

Une offre de soins existante, mais difficilement accessible

L'offre de soins existe. La difficulté réside dans l'accès aux professionnels dans des délais compatibles avec l'état de santé du patient ou ses contraintes.

Cet écart entre une offre théoriquement accessible et la capacité réelle d'un patient à y accéder correspond à la notion de dernier kilomètre. Les deux freins principaux à l'origine de ces renoncements sont d'ailleurs bien identifiés : 59 % sont liés aux délais d'obtention de rendez-vous, et 38 % à la distance à parcourir¹.

Les délais de consultation illustrent cette dégradation. Entre 2019 et 2026, le délai moyen pour obtenir un rendez-vous chez un généraliste est passé de 4 jours à 12 jours. Pour un cardiologue, il faut désormais compter plus de 3 mois, contre environ 2 mois en 2019. Pour un dermatologue, le délai atteint 4,5 mois¹.

Ces chiffres ne traduisent pas une absence de médecins sur le papier, mais une incapacité croissante du système à absorber la demande dans des délais compatibles avec l'état de santé des patients.

La désertification médicale accentue par ailleurs l'isolement de certains usagers, en particulier au sein des ESSMS, où les résidents nécessitent une vigilance clinique rapprochée. À la barrière territoriale s'ajoute une dimension sociale : capacité à s'absenter, compréhension du parcours de soins, complexité administrative. Ces facteurs retardent la prise en charge.

Des retards qui se répercutent sur les établissements

Plus l'accès aux soins est complexe, plus les publics fragiles attendent, et plus les établissements absorbent les conséquences de ces retards.

Un dépistage repoussé se traduit potentiellement par une pathologie détectée à un stade plus avancé. Un renoncement aux soins peut engendrer une dégradation progressive de l'état de santé, jusqu'à nécessiter une prise en charge plus lourde. À l'échelle du système, ces situations individuelles se traduisent par un recours inapproprié aux urgences, des hospitalisations évitables et des ruptures de parcours.

Un enjeu stratégique pour les établissements

Un cadre s'impose progressivement dans le secteur pour répondre à cet enjeu : la responsabilité populationnelle, portée par la Fédération Hospitalière de France depuis 2017. Elle invite les établissements à considérer leur rôle non plus seulement à l'échelle du patient accueilli, mais à celle du territoire et des populations qu'ils accompagnent.

Cet enjeu dépasse le seul cadre du soin. Il concerne la qualité des parcours, l'équité d'accès et la soutenabilité du système de santé. La question pour les établissements n'est plus de savoir s'il faut agir hors les murs, mais comment structurer cette action sans alourdir le fonctionnement des équipes. C'est l'objet de notre article sur les programmes de prévention et de dépistage en établissement de santé, qui détaille comment s'équiper d'une unité mobile, MédicoBus ou MammoBus, pour déployer ces actions au plus près des populations.

Notre livre blanc développe ce sujet : diagnostic des tensions actuelles, données institutionnelles et repères concrets pour faire du « aller vers » une mission structurante.

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¹ Baromètre FHF-Ipsos, mars 2026

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